Le Château de Berne hors saison.

Pour être une « Belle au bois dormant », Amélie avait choisi son domaine des songes. Le Château de Berne rouvrait tout juste après une courte hibernation, Amélie était peut-être la première cliente. Le domaine se rénove sans cesse et il n’avait pas encore terminé sa mue hivernale dans son bâtiment dit « La Bastide », encore livré aux mains des ouvriers.

Que devient le domaine hors-saison ? C’est toujours ce château loin au fond des bois, comme dans « Le grand Meaulnes ». On chemine longtemps par une petite route, dans la forêt provençale dracénoise, au cœur d’une propriété de six cents hectares.

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Château de Berne – Arrivée.

Et puis tout à coup, l’éclaircie, au milieu de son vignoble apparaissent les tours, le château et ses dépendances. Sous le ciel lourd, gris-bleu, chargé de nuages aux nuances violettes, l’ensemble à un charme ineffable façon Paul Verlaine.

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Château de Berne – le château.

On retrouve le bâtiment de la réception où l’on a su conserver des éléments anciens, en brique menant vers une fort veille porte fermée sur ses mystères. L’accueil est toujours attentionné mais un rien plus serein en ce hors saison. La bâtisse a quelque chose de douillet. Ici et là, dans les cheminées, les feux sont allumés. Les foyers rougeoient et exhalent cette odeur délicieuse du feu de bois.

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Belle cheminée à linteau classique de pierre blanche, dans la grande bibliothèque où Amélie se plaît à flâner. Pierre blanche aussi pour la cheminée du salon-bar, moins large mais au conduit habillé d’un grand tableau de la même pierre.

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Château de Berne, bar, Amélie.

Amélie a préféré séjourner au-dessus du corps de logis de l’accueil. La chambre « Prune » l’a séduite pour son caractère provençal classique.

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Douillette aussi, la piscine intérieure, celle du spa, un espace judicieusement chauffé où Amélie peut sans frissonner se promener agréablement en maillot, entre le jacuzzi et le bassin. L’eau y est délicieusement tiède. La piscine est bien conçue, étroite mais en longueur avec de puissants jets de nage à contre-courant. Sur le côté Amélie apprécie la douche massante pour ses épaules.

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Château de Berne – spa piscine intérieure. Amélie.

Le spa propose une large carte de soins.

Douche sur place, premier plaisir, puis dans celle de la chambre Prune, large et confortable avec son parement de belle céramique brune. Amélie prend soin de sa chevelure, fine et particulièrement douce. La voilà prête pour une série de photographies puis pour le dîner au « Jardin de Benjamin », le restaurant gastronomique. Pour d’autres fois, il y aurait aussi le « Bistrot de Benjamin », la table dite « de la cave ».

Passer par la galerie souterraine pour rejoindre la bastide du restaurant, amuse Amélie. C’est une galerie à arches voûtées, toute en pierre de taille. Tempérée, elle sert aussi de cave pour l’affinage des fromages, on y entrepose aussi quelques huiles et vins.

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Château de Berne, galerie souterraine. Amélie.

L’ensoleillement détermine envies culinaires d’Amélie. Lumière et chaleur lui donnent envie de poissons et de vins blancs. Nuages et frimas la poussent vers les viandes et les vins rouges puissants. Tant mieux car les campagnes provençales en regorgent, Benjamin Collombat en est amoureux jaloux.

Tous les grands chefs veillent à travailler d’excellents produits. Benjamin Collombat pousse ce souci à l’extrême. Il connaît chacun des maraîchers, des éleveurs, des fromagers, des pêcheurs chez qui il s’approvisionne. Il discute avec eux de leurs méthodes. Il explique à Amélie qu’il les invite au restaurant à déguster les plats pour qu’ils constatent comment leurs produits sont mis en valeur et ce qu’il attend d’eux. Il va par exemple jusqu’à acquérir des allotements, dans l’élevage de truites ou dans une partie d’un troupeau qui sera élevée en accord avec ce qu’il souhaite.

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Il dispose ici d’un potager de 3000 m² où il récolte des fruits et des légumes d’une maturité parfaite et d’une fraîcheur incomparable, ce qui justifie le nom de « Jardin de Benjamin » de la table gastronomique.

Religion du produit, le ton est donné dès la carte, le nom des plats se résume à celui du produit, tout simplement : « Foie gras, courge de Nice, poireau, aile de raie, agneau de Pascalone… ».

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Château de Berne, Amélie et Benjamin Collombat.

Simple et accessible, ce créatif passionné prend tout son temps pour décrire à Amélie ses recherches et ses engagements. C’est un des charmes du hors-saison.

Ce chef talentueux, étoilé Michelin (une récompense qu’il avait déjà obtenue en 2013 pour son restaurant Côté Rue à Draguignan) et qu’il a retrouvée très vite peu après son arrivée en 2016 au Château, a eu sa période exotique, ses mélanges orient/occident ou sucré/salé et les grands voyages exubérants pour les papilles. Après sa formation au Lycée Hôtelier de Nice, il avait forcément rapporté bien des choses de son long périple dans le monde de la gastronomie commencé dans les Gorges de Pennafort chez Philippe Da Silva, puis un stage dans la pâtisserie du mythique Yves Thuriès dans le Tarn, avant de décoller pour les USA, puis l’Asie, et de revenir en Provence au Logis du Guetteur, aux Roches du Lavandou, à Paris où il fut le second de Guy Martin au Grand Véfour, à Bruxelles comme chef deux étoiles du Bijgaardenn, et, enfin, celui des Tresoms d’Annecy.

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Le voilà de retour et, en apparence, assagi. Il est en fait plus profond. Cela n’empêche pas sa cuisine de rester ouverte sur le monde, il ne perdra jamais ce qu’il a acquis dans son périple. Il a appris que l’on ne peut pas approfondir tout à la fois et que sublimer un terroir est une quête aussi exaltante que sans fin.

Le livre de cave, riche en crus de Provence, c’est bien ce qu’on attend, met aussi en valeur les vins du domaine, tout comme les accords mets-vins, si l’on fait ce choix comme Amélie. C’est l’occasion d’apprendre que les premières traces du domaine remontent en 200 Av JC Domaine, situé sur la route romaine, la Voie Aurélienne, qui reliait l’Italie à l’Espagne. On le retrouve au XIe siècle, dans l’Ordre des Cisterciens. Le comte de Toulouse, Raymond V, en fit don à Saint Bernard. Les moines s’y installèrent et firent fructifier cette terre, Amélie leur en est reconnaissante.

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Château de Berne. La porte mystérieuse.

Elle apprécie que les blancs du Château, issus d’un assemblage pour moitié de rolle (en Italie, on l’appelle Vermentino) et l’autre de sémillon, expriment une personnalité, avec un bouquet floral, un corps fruité et une finale minérale séductrice. Les rouges du Château, de cépages syrah et de cabernet-sauvignon, offrent un bouquet dense, un corps puissant et velouté à la fois, une finale plaisamment boisée.  

La jeune sommelière, Justine Parodi, qu’Amélie trouve très à l’écoute, ce qui n’est pas toujours le cas des sommeliers, originaire du village même de Lorgues, d’une famille de trufficulteurs, connaît à la perfection sa palette.

Pré-dessert puis dessert laissent les derniers mots, tout en finesse, au chef-pâtissier Eric Raynal, auparavant à la Bastide Saint-Antoine, chez Jacques Chibois, à Grasse.

Le petit déjeuner est un grandissime moment. Amélie, qui boude rarement le champagne, l’apprécie ici sur le saumon fumé. Outre tous les produits classiques du buffet international, elle se régale avec un assortiment de viennoiseries et de pains tous chauds à diverses céréales et garnitures pour lesquels Eric Raynal et son équipe œuvrent depuis cinq heures du matin. Elle se compose un superbe plateau de fromages, du pays et d’ailleurs, et de yaourts fermiers. On remarque aussi un bel assortiment de bocaux de fruits séchés de toutes sortes.  La qualité des produits est bien digne du lieu.

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Château de Berne, mystérieuse Amélie.

Le Château de Berne hors saison a enchanté notre Belle au bois dormant.

 

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